Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du jeudi 23 septembre 2004
Transports

Journée sans voiture : deux fois moins de villes impliquées qu'il y a deux ans

La Journée sans voiture a fait un flop en France avec la participation de 50 villes mercredi, deux fois moins qu'il y a deux ans, plusieurs élus incriminant le manque de soutien du ministère de l'Ecologie, mobilisé tardivement sur l'opération. "Un courrier nous est parvenu fin juin-début juillet, bien trop tard pour se lancer dans l'organisation de quoi que ce soit", témoigne Jean-Claude Roy, adjoint à la mairie à Besançon. Plusieurs villes ont renoncé cette année comme Besançon, Dunkerque, Béthune, Boulogne, etc. ou ont réduit leur dispositif au minimum comme Paris et Lyon. La capitale, qui avait souffert de gigantesques embouteillages l'an dernier, a fermé cette année à la circulation des quartiers très limités. Selon la préfecture de police de Paris, qui a mobilisé 250 policiers, l'opération n'a pas créé de problèmes majeurs de circulation. "Il y avait autant de voitures que d'habitude", a déploré Judith, qui avait troqué pour l'occasion son auto contre un vélo. Rue Réaumur, un concert de klaxons marquait l'entrée du périmètre interdit. Dix mètres plus loin, Michèle et Valérie, parties à l'assaut des magasins de vêtements du Sentier, appréciaient le silence : "C'est vrai que la voiture, ça gâche la ville". Un livreur se lamentait : "Mais pourquoi ils ont choisi le Sentier !" Le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier a mis un point d'honneur à éviter la voiture : il s'est rendu à pied au Conseil des ministres, puis a pris le métro et un vélo électrique pour visiter une entreprise de livraison à vélo dans le 11e arrondissement de Paris. Par ailleurs, il a promis, devant l'"essoufflement" de la cette journée, de réunir les maires pour relancer l'opération en 2005. Ville pionnière, La Rochelle a encore répondu "présent", tout comme Montreuil qui a déploré le "désengagement de l'Etat" et proposé de réunir les villes pour "trouver de nouvelles formes d'action afin de combler la défaillance de l'Etat en matière de transport et d'environnement". A Dijon, une trentaine de sportifs de haut niveau ont remis symboliquement leurs clefs de voiture à la mairie dès le matin. Dans de nombreuses villes, les transports étaient gratuits mercredi : Angers, Bourges, Chaumont, Langres, Vannes ... Des navettes gratuites permettaient d'accéder au centre-ville à Auxerre et Chalon-sur-Saône. Angers a profité de la journée pour lancer un service de prêt de vélos, "VéloCité". Des randonnées à vélo étaient organisées à Salon-de-Provence et sur les Champs-Elysées à Paris. A Rennes, qui avait fermé son centre aux voitures, 55,5% des habitants ont répondu "non" à la question "peut-on se passer de voiture?", selon le quotidien Ouest-France. Le désenchantement perceptible cette année risque de compromettre la tenue de l'opération en 2005 alors que le 22 septembre tombe encore en semaine (un jeudi). Paris a déjà annoncé qu'elle l'organiserait le dimanche, probablement le 5 juin. De nombreuses villes (Strasbourg, Toulon, Toulouse) préfèrent le dimanche, qui pose moins de problèmes de circulation et permet d'organiser des festivités. Bordeaux ferme même son centre-ville aux voitures tous les premiers dimanche du mois. "Ce n'est pas viable en semaine, tout le monde s'énerve et cela finit par conforter les gens dans l'idée qu'on ne peut pas diminuer la place de la voiture en ville", estime Fabienne Vansteenkiste, de Vivre à vélo en ville (VVV). Cette militante Verte préférerait "qu'on s'attaque à la place de la voiture toute l'année".

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